Petits conseils pour acheter malin en grandes surfaces

Note :

Vous êtes davantage dans l'efficacité et le gain de temps, la fraîcheur et la qualité ou préférez le bio et les produits du monde ? Dans tous les cas, il est probable que vous passiez beaucoup de temps dans les allées d'une grande surface chaque semaine. Mais peut-être un peu trop, justement, et pas la meilleure possible : tour d'horizon des supermarchés et hypermarchés pour en avoir le cœur net.


Environ 60 % de la population considère cela comme une contrainte et pourtant, il est rare de pouvoir se permettre d'éviter les supermarchés et hypermarchés, ne serait-ce que pour ne pas tomber d'inanition. Question budget, tout le monde ne peut  pas forcément se permettre d'acheter ailleurs ou n'a pas à proximité un système de vente directe suffisamment complet. Alors avec 7700 grandes surfaces dont 1900 hypers sur tout le territoire, le plus avantageux – même si très complexe pour bien manger (produits sains, abordables, équitables, sans sur-emballage, etc) – reste les grandes surfaces.

Cependant, si toutes paraissent se valoir, c'est loin d'être le cas et quand bien même certains écarts son minimes –  avec du dentifrice moins cher ici quand les pâtes sont meilleur marché ailleurs – il faut également savoir s'orienter et prêter attention aux bons détails pour acheter malin. C'est à dire pour acheter bon, pour pas trop cher et sans léser des producteurs au passage, si possible. Autant dire que si l'on souhaite composer le panier parfait, le casse-tête est plutôt corsé et vous n'aurez pas de trop de ce petit top des meilleures adresses pour vous y retrouver.

 

Une guerre des prix impitoyable, mais au service de qui ?

Lorsque l'on observe le trio de tête des grandes surfaces préférées des français – ou du moins de leurs portefeuilles – Leclerc, Intermarché et Carrefour arrivent en tête de peloton, Auchan et Super U complétant ce top cinq. Aucune surprise jusque là. Vient ensuite la question de la raison principale d'un tel classement et de cette place privilégiée de Leclerc depuis de nombreuses années. Elle en est très simple : les prix.

Avec une communication proche du client et proposant non seulement l'apparente transparence des prix, mais aussi ceux les plus bas, Leclerc garde ainsi une pôle position confortable. Fort du supermarché le moins cher de France sis à Lanester, tout comme d'une solide présence en Bretagne et Ouest français à des prix tirant vers le bas le panier moyen, les concurrents ont dû faire d'énormes efforts pour réduire l'écart. Et alors que Géant Casino remonte au score et se place second, inversant sa position avec Auchan qui perd neuf places, les petites supérettes de chaque groupe restent quant à elles toujours les plus onéreuses. Le Casino ou Monoprix au coin de la rue sera donc forcément plus cher que les hypers ou supermarchés de bonne taille. Surtout si vous résidez à Sceaux, puisque ce dernier détient la palme des produits plaqués or de l'hexagone, selon l'étude annuelle de l'UFC Que Choisir. Le groupe argue de loyers et de frais de personnel plus élevés (Monoprix étant majoritairement implanté sur Paris), mais leur marge trois fois supérieure à la concurrence y est peut-être aussi pour quelque chose.

Le même panier peut donc varier de 273 euros à près de 400 euros selon le magasin, ce qui n'est pas vraiment négligeable. On pourrait alors considérer – et au vu de la notoriété importante de Leclerc et de sa communication univoque, c'est le cas – que plus le prix est bas, mieux c'est pour tout le monde. Mais c'est loin d'être le cas. Un prix bas et les efforts pour maintenir une hausse de prix en dessous de 0,2 % en 2013 doivent forcément se répercuter quelque part : la qualité, les marges des producteurs ou celles des magasins (en dernier) en pâtissent nécessairement. La soutenabilité économique d'une guerre des prix à coup de comparaisons de produits a ainsi déjà dépassé un point de non retour nuisant à l'ensemble de l'agriculture et de l'agroalimentaire ainsi que, par ricochet, à l'ensemble de l'économie. Elle a coûté 4500 emplois et 320 sites de production au secteur l'an passé. Quelques produits ont même marqué les esprits puisque vendus à perte dans quelques enseignes (moins chers que leur coût de production). Des patrons tel que Serge Papin, dirigeant de Système U, appellent d'ailleurs précisément à un revirement urgent : "à vouloir des prix toujours plus bas, on a sacrifié à la fois le secteur agricole et l'agroalimentaire français", c'est dire si le problème est évident !

Tout a de fait récemment été réinvesti dans cette guerre des prix, quelle que soit la chaîne et malgré une soudaine prise de conscience d'une politique difficile à soutenir pour les enseignes elles-mêmes dans un contexte de baisse de la consommation et de hausse du chômage. Côté consommateur, il existe une véritable schizophrénie à désirer une plus grande qualité, du local, voire du bio, mais à vouloir également rester à cheval sur des prix bas incompatibles avec ce degré d'exigence. Selon Olivier Mevel, chercheur dans la grande distribution : "encore aujourd'hui, la seule manière de maintenir ou de faire progresser ses parts de marché dépend non pas de la capacité à innover, mais de la capacité à contenir les prix au plus bas." L'ensemble prenant alors des airs de cercle vicieux où des magasins comme ceux de Auchan s'épuisent et perdent en compétitivité pour un public qui veut toujours mieux pour moins cher. En somme, la situation est mauvaise, mais n'est pas prête de changer avec des groupes s'étant plus ou moins emprisonnés eux-mêmes dans un discours d'avec lequel ils ne peuvent plus rompre.

 

À quoi prêter attention en parcourant les rayons ?

Un supermarché ou hypermarché c'est entre 3000 et 8000 références magasin, voire davantage. Les hypermarchés pâtissent d'ailleurs maintenant de leur gain en taille, puisque beaucoup de consommateurs voient comme un inconvénient ce choix gigantesque, cette surface au sol phénoménale et un temps de course décuplé même pour acheter trois fruits et quatre légumes. Quitte à payer plus, la préférence ira donc éventuellement vers un U Express ou un Simply Market portant dans leur nom une rapidité faisant de plus en plus défaut.

Mais le temps passé à louvoyer entre les têtes de gondole d'un Hyper U n'est pas le seul critère qui doit attirer votre attention pour acheter bon et à un prix raisonnable. La qualité des ingrédients, leur valeur nutritionnelle, leur origine et leur caractère éthique ou social sont autant de points qui ne sont pas forcément à négliger pour privilégier le prix uniquement, quand bien même le budget est indéniablement serré. En effet, mieux consommer ce n'est pas forcément consommer plus cher, le tout étant de consommer intelligent, de réduire certains postes de dépense pour en renforcer d'autres et de privilégier les forts taux nutritionnels et les produits les moins transformés possibles.

Pensez fruits et légumes frais en lieu et place des gâteaux et sucreries ne revient pas plus cher, est plus sain et permet souvent de faire davantage de repas. L'alternative du surgelé, même si nuisant légèrement au produit, élimine aussi le problème de la conservation du frais. De plus, tout repas préparé ou hautement transformé est souvent cher pour peu de quantité et de qualité au regard d'un plat cuisiné maison. Le problème étant d'avoir le temps et la volonté de cuisiner, cela va sans dire. Lire l'arrière des paquets, y privilégier les listes d'ingrédients courtes, comparer les marques, les prix au kilo et parfois s'autoriser à prendre les produits sur la dernière étagère du haut, d'autres fois au niveau du sol et en format familial (pour des produits secs par exemple) restent des incontournables de courses à budget fixe, mais saines.

Les conseils classiques de constituer une liste, de ne pas y aller avec la faim au ventre ou de résister à la tentation avec un brin de volonté (en craquant à l'occasion) et sans se laisser avoir par un rangement des linéaires étudié nécessitent, certes, des efforts et une prise d'habitudes, mais l'ensemble en vaut véritablement la peine et sera rapidement amorti en bien-être personnel. Enfin, les marques distributeurs ne sont pas à diaboliser : il y a du bon comme du mauvais et parfois le prix sera intéressant en comparaison d'une grande marque vous faisant payer sa publicité. D'autres fois, la qualité et la présence de nombreux produits chimiques et autres additifs peuvent être un signal d'alarme pour aller voir ailleurs.

 

Hard-discount, classique, en ligne ou spécialisé : les points forts de chacun

Avec un souci croissant d'un temps venant à manquer et d'une enveloppe de course assez mince, l'on pourrait croire que les hard-discount et le système du drive en profitent tous deux énormément. Or leur progression reste modeste et la guerre des prix place un hard-discount – attirant 13 % d'entre vous chaque semaine et aspirant à une meilleure qualité – très proche de chaînes plus « classiques » tirant de leur côté leurs prix vers le bas, les deux convergeant l'un vers l'autre. Le drive, quant à lui, attire 4 % du marché seulement et décolle doucement, même si l'ampleur des achats en ligne lui promet un bel avenir avec les générations à venir. Les petits commerçants et marchés représentent, enfin, une alternative à considérer. Surtout ces derniers proposant des produits souvent frais, directement du producteur et à des prix extrêmement intéressants. Y faire un crochet quelques fois par mois peut se révéler payant en parallèle de passer par une ou deux grandes surfaces différentes. Reste que le temps disponible n'est pas toujours extensible à volonté.

La problématique de se perdre dans de trop grands espaces – comme dans les rayons du premier groupe français dans cette catégorie : Auchan, qui représente 50% des plus vastes supermarchés français – est en tous les cas supprimée par la vente en ligne facilitant des courses bien plus rapides, évitant l'achat impulsif, le stress de la foule et l’œil (de l'adulte ou des enfants) trop souvent attiré par cet emballage chatoyant. Nul doute que ce mode d'achat saura progressivement rallier des fidèles à sa cause même si la fidélisation aux mêmes produits et l'absence d'exploration de nouvelles possibilités en parcourant les rayons reste son plus gros défaut.

Mais peut-être désirez-vous des magasins plus spécialisés offrant une gamme bio complète, une perspective uniquement végétarienne ou encore des produits du monde plus variés que l'unique sauce soja esseulée du magasin du coin ? Dans ce cas, des supermarchés ou supérettes spécialisés feront votre bonheur tels qu'un Ecologia, le magasin Un Monde Vegan ou encore les fameux Tang Frères. Pour autant, les prix risquent cette fois-ci de poser problème à plus d'un s'il s'agit d'établir un véritable menu hebdomadaire et non d'acheter des articles de complément en ponctionnant sur le budget viande et poisson ou friandises. Dans le même ordre d'idée, si le budget n'est pas votre limite et que votre palais adore les produits anglais : Mark&Spencer s'implante également doucement mais sûrement en France pour votre plus grand plaisir.

Chaque choix restant bien évidemment à votre entière discrétion, prenez simplement garde à des promotions pas toujours avantageuses et nécessitant quelques calculs de vérification de votre part, tout en pensant aux coupons pouvant valoir le coup sur le long terme. Une dernière chose avant de vous laisser gambader dans les rayons : les coopératives peuvent vite devenir vos meilleures alliées avec des produits de qualité à des prix faibles tout en éliminant des intermédiaires éventuels : à garder à l'esprit !

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