La Société Générale innove dans le secteur bancaire


Si l'on peut reconnaître une chose à la Société Générale, c'est son expérience. Parmi les plus anciennes banques du pays – de concert avec BNP Paribas et le Crédit Lyonnais (devenu LCL) – elle fait partie de celles qui ont progressivement pris le nom de « Trois Vieilles ». Elle a en effet vu le jour dès mai 1864 sous l'égide de la famille Rothschild et de Paulin Talabot entre autres industriels voulant « favoriser le développement du commerce et de l'industrie en France ». Voyant se succéder les présidents à sa tête, le premier géant de la banque multiplie ses oifficines jusqu'à l'horizon 1870 où la structure en possède 32 sur le territoire dont 15 à Paris. Aussi tôt que 1871, c'est déjà Londres qui est visée pour une clientèle globale de particuliers et de moyennes comme de grandes entreprises.
 

Une progression en dents-de-scie s'achevant en scandale

Continuant son ascension, la Société Générale compte quelques 150 guichets aux alentours de 1890 et commence à miser sur le marché des crédits et non plus uniquement sur un fonctionnement de stockage de liquidités. Proposant des prêts aux industriels, commerçants, particuliers français, mais aussi et plus étonnamment, russes, la banque affiche d'excellentes performances et démultiplie son nombre d'actionnaires entre 1895 et 1913. Après quelques heurts durant la Première Guerre mondiale, elle en arrive à son apogée en devenant la première banque de France et en développant enfin son maillage de guichets en régions, le passant de 260 à plus de 1450 en l'espace d'une dizaine d''années.
 
L'approche de la Seconde Guerre mondiale se révèle moins clémente avec le groupe et au sortir des conflits, l'entreprise est nationalisée, retrouvant un second souffle du fait de l'importante croissance et s'exportant au-delà des frontières du pays. Profitant également d'un assouplissement des limites de banques en pleine diversification, la Société Générale va entre autres se spécialiser dans le crédit-bail via des filiales dédiées. Son nouveau succès et son retour au domaine privé feront par ailleurs des envieux, puisque Georges Pébereau, George Soros et consorts se rendront coupables de délits d'initiés lors d'un tentative d'OPA manquée contre la Société Générale. Tentative appuyée par le gouvernement pour reprendre le contrôle de la banque en 1988, engendrant un scandale politico-financier monstre.
 

Réduction des pôles pour un nouvel essor

Banque de gestion d'actifs, de financements et investissements, mais aussi banque de détail, la focalisation du groupe sur ces trois pôles favorise son essor et entraîne sa possible installation dans deux des plus hautes tours de la Défense en 1995, tout comme son acquisition du Crédit du Nord, mais aussi successivement d'établissements roumains, bulgares, tchèques, slovènes et malgaches. Ainsi connue pour son importance française, mais aussi sa prépondérance en Europe, la Société Générale est aussi fameuse plus récemment pour des faits moins reluisants.
 

L'affaire Kerviel et les zones d'ombre d'un groupe aux multiples procès

Durement touchée – comme toutes les structures bancaires – lors des multiples crises de la première décennie 2000, l'entreprise a aussi fait parler d'elle en 2008 au travers de l'affaire Kerviel et des 50 milliards d'euros investis pour quelques 5 milliards de pertes, les responsabilités de chacun restant à ce jour relativement opaques. Quand bien même Jérôme Kerviel a été reconnu, en première comparution, coupable d'abus de confiance, d'introduction frauduleuse de données dans un système informatique et de faux et usage de faux – tout comme reconnu seul responsable et condamné à rembourser les 5 milliards d'actifs perdus – les forts dysfonctionnement et multiples responsabilités de la banque sont restés, pour leur part, lettre morte.
 
Fraude la plus élevée de l'histoire de la finance, elle a été de plus suivie, la même année, par le procès Sentier II pour blanchiment d'argent et mettant en cause de multiples personnalités du groupe, la société comme ses dirigeants se voyant en définitive relaxés. Mais à peine trois années passent et le groupe est annoncé (à tort) en faillite par un quotidien anglais, puis accusé de fraude, tout comme d'avoir une responsabilité dans la crise des subprimes de 2008. Réduisant alors ses activités en Asie ou encore au Brésil pour faire face, la multinationale se lance en ligne avec Boursorama et entreprend de redorer un blason certes ancien, mais aujourd'hui Ô combien terni.
 
Infos pratiques :
 
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