Crédit Lyonnais : banque et assurance à la fois.


Certains parmi les plus jeunes ne savent pas nécessairement ce qui se cache derrière le sigle LCL, ou encore, que le double L n'a pas toujours été. Le Crédit Lyonnais n'a d'ailleurs pas changé de raison sociale à ce jour, probablement en grande partie pour conserver un nom lourd d'Histoire. Puisque garder ce nom, c'était également garder le statut de pierre angulaire de l'économie de la France y attenant. En tant qu'une des « Trois Vieilles » banques, avec BNP Paribas et la Société Générale, Le Crédit Lyonnais se devait de préserver ne serait-ce qu'une once de son aura.
 

L'Âge d'or d'une banque à qui tout réussi

C'est Henri Germain qui, en 1863, souhaite une banque locale nouvelle au cœur de la deuxième révolution bancaire. Bien lui en a pris puisque – avec ses associés Jaubert, Bellon ou encore Arlès-Dufour – il met en place une structure générant 8 millions de francs dès ses débuts… et 200 millions à peine 20 ans plus tard. Effervescence de la Bourse parisienne, période de croissance et investissements judicieux mènent même la banque à créer sa propre « Bourse après la Bourse » et à échanger des titres après la fermeture des cours. C'est dire si la frénésie est grande.
 
Montant rapidement s'implanter à la capitale après s'être installée à Lyon et Marseilles, la jeune banque souffre peu des crises et s’exporte bientôt comme il se doit à Londres, où elle ouvre une succursale. Des guichets régionaux voient le jour en parallèle, principalement autour de Lyon, et le Crédit Lyonnais se fait rapidement banque d'affaires, bancassureur et toujours banque d'épargne, bénéficiant de l'essor de certaines société ou de dettes contractées par les villes de Paris et Lyon elle-mêmes.
 
 

Entre dimension internationale et manne financière : la première banque du monde

Première banque française en 1878, la société compte dès lors des guichets à Saint-Pétersbourg, Alexandrie, Constantinople, Madrid et Genève. Elle reste pourtant encore absente de Paris, sans agence en contact direct avec les clients. Lacune réparée dès l'année suivante avant de partir à la conquête du pays. Même le krach des années 1881 et 1882 ne fera qu'illustrer l'art de l'anticipation de H. Germain, donnant naissance à une doctrine éponyme appelant à la prudence : « les ressources à court terme ne peuvent financer des emplois à long terme », et épargnant en grande partie les actifs de sa société à cette période.
 
Transférant son siège central de Lyon vers la ville lumière, Le Crédit Lyonnais n'est plus tant lyonnais que parisien, mais surtout, international. Logé boulevard des Italiens, le groupe peut se permettre la construction d'un hôtel particulier d'envergure puisqu'il est une des raisons de la position de « banquier du monde » de la France. Première banque mondiale en 1900 et jusque 1913-1914, elle est – suite à cette période dorée et comme tous à ce moment là – fortement impactée par la Première Guerre mondiale, dont la banque ressortira définitivement changée.

Dispersion des activités, mort du fondateur et collaboration : la période sombre

Resté par le passé hors des investissements industriels, le groupe se voit dans l'obligation d'augmenter ce portefeuille et d'élargir sa clientèle au sortir de la guerre. Reniant quelque peu la doctrine Germain, les financements à court et moyen termes se multiplient et le réseau d'agences est densifié pour renflouer les caisses. Redevenue la première banque française en 1929, elle affronte de nouveau les diverses crises sans sourciller, y compris la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle le groupe collaborera avec l'Allemagne nazi pour grande part et pour un triste profit, non chiffrable.
 
Reprise en main à la libération par Olivier Moreau-Néret – qui avait refusé les pratiques discriminatoires d'une France occupée – ce dernier en sera le directeur général puis le président dans le même temps qu'une politique de nationalisation vise les quatre principaux établissements de France. L'installation de l'ONU et la crise du canal de Suez aidant, la banque connaît alors un essor notable à Genève, mais il en va de même de son implantation mondiale tout comme de son rôle de pionniers en diverses obligations financières.
 

Une reprise tardive vers un développement gargantuesque aux investissement nocifs

Plus que doublant son nombre d'agences de 1967 à 1974 ainsi qu'approchant le double d'employés (de 29.000 à 47.000), l'internationalisation de la banque s'intensifie entre autres à New York, Moscou et Tokyo dès 1971, 1972 et 1976. Les bancarisation, déréglementation et désintermédiation de ces années engendrent cependant des contraintes fortes sur une structures conséquemment trop étendue et subissant une concurrence bien plus accentuée. De ce fait, le Crédit Lyonnais compartimente ses activités pour chaque type de clientèle tout en se réorganisant pour s'adapter à un milieu plus complexe et compétitif que par le passé.
 
Acquérant diverses banques européennes durant la décennie 1980,  le groupe investit également massivement dans l'industrie et l'immobilier, faisant bondir son capital de 9.7 milliards de francs dans l'industrie à 52 milliards et atteignant la jolie somme de 100 milliards pour l'immobilier. Politique agressive et potentiellement payante que celle-ci... si elle n'était incroyablement risquée. Menant la société à une quasi-faillite lors de la crise de l'immobilier de 1993 et du fait de mauvais investissements dans la Metro-Goldwyn-Mayer, la banque accuse des pertes de quelques 130 milliards de francs. Siège social incendié, mise en accusation dans l'affaire Executive Life et au bord du gouffre, le groupe connaît des heures bien plus noires que son idylle du début du siècle précédent.
 
Toujours endetté en 2013, l’État pourrait intervenir pour éponger les créances restantes (4.5 milliards) quand bien même le CL est entre-temps devenu LCL, en 2005, après un rachat de dernier instant du Crédit Agricole. Fusionnant dès lors nombre des activités des deux groupes et faisant de LCL un satellite davantage tourné vers les particuliers, les heures de gloire de la « banque du monde » semblent désormais définitivement faire partie de l'Histoire.
 
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