Crédit Agricole : banquier et assureur en même temps


À l'origine projet d'assistance aux agriculteurs désireux d'investir à long terme sans pouvoir y parvenir de manière suffisamment convenable, d'autres projets de banques l'ont précédé et pour péricliter tout aussi rapidement. Le Crédit Agricole profite pour sa part d'un meilleur timing et d'une loi autorisant la libre association professionnelle, mais surtout les syndicats agricoles ainsi que les banques locales et mutualistes pour tirer son épingle de ce jeu ciblant une profession encore majoritaire au XIXe siècle. Prenant racine dans le Jura en 1885, le ministre de l'agriculture Jules Méline propulse ce système de caisses locales sur le devant de la scène pour proposer un mieux vivre à une grande partie de la population.

Le coup de pouce étatique faisant toute la différence

Rapidement confronté à des défauts juridiques et organisationnels, la future banque internationale peine, malgré son avantage, à maintenir ses finances. Face à des exploitants remboursant difficilement – et en conséquence d'un système d'emprunts risqué – ne présentant aucun avantage ni garantie pour les caisses elles-mêmes, le projet est voué à suivre ses aînés et doucement s'éteindre. Mais à l'image des renflouements récents en temps de crise, dès 1897, la Banque de France se voit sommée de voler au secours de la structure en difficulté. L'année suivante, les dispositions légales sont affinés et les caisses coopératives régionales apportent un niveau de gestion supplémentaire à un organisme dorénavant viable.
 
Caisses locales comme régionales débutent ainsi leur colonisation de la France et couvrent rapidement tous les départements, en un peu plus d'une décennie. Les deux guerres survenant par la suite requerront d'ailleurs un appui significatif du Crédit agricole pour réhabiliter les exploitations dévastées par les combats. Suite à quoi, ses rôles en viennent à être diversifiés pour financer les petits artisans, certains travaux publics ou quelques communes, le tout, toujours dans les zones rurales. Enfin, une caisse nationale – et à ses début publique – vient compléter le maillage de l'entreprise, chaque niveau pouvant compenser les coups durs des plus petites succursales et l'ensemble favorisant la popularisation des chèques et comptes bancaires à l'échelle nationale.
 

Une autonomie pyramidale en pleine Trente Glorieuses

Le nombre de caisses régionales double à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, notamment du fait de la reconstruction, de l'industrialisation et de la mécanisation des campagnes. À partir de 1963, le Crédit Agricole devient autonome financièrement et est libéré de ses obligations quant au Trésor Public trois années plus tard. Désormais doté d'une Fédération nationale après 1948 – relayant notamment les doléances des plus petites structures vers l’échelon national pour une meilleure équité – et alors même que ses services s'étendent à l'immobilier, l'industrie, l'agro-alimentaire puis à d'autres entreprises, le Crédit Agricole se dote d'un slogan et se lance à l'international.
 

Diversification, internationalisation et leadership

S'implantant en 1979 à Chicago, le groupe se classe déjà cette année premier établissement mondial tout en perdant définitivement ce qu'il restait de sa limite à la ruralité dans le même temps. Mutualisée en 1988, l'entreprise devient finalement une société, signant ainsi sa totale indépendance. Parallèlement, une démarche de réduction des coûts et du nombre de caisses régionales s'amorce. Absorbant progressivement le Crédit Lyonnais, qui deviendra LCL, privatisant Sofinco et lançant Indosuez – et plus récemment la banque en ligne BforBank – l'investissement, le financement, les crédits à la consommation et la banque de proximité sont tous présents dans les cartes du Crédit Agricole.
 
Aujourd'hui première banque française et leader de la banque de proximité au niveau européen, le groupe est également premier bancassureur et troisième source de financement du continent. Voulant poursuivre son développement international tout en approfondissant son ancrage régional, la banque coopérative et mutualiste compte à présent quelques 140 000 collaborateurs et 31 500 administrateurs au service de 50 millions de clients, 8,2 millions de sociétaires et 1,1 million d’actionnaires. Désormais banque universelle et de proximité, le Crédit Agricole ne souhaite pourtant pas renier ses origines, tout en tirant profit de cette image de « banque verte » écologiquement responsable comme proche de ses clients. Au vu de son succès dans les 70 pays l'accueillant, le pari s'est révélé plutôt gagnant.
 
Écrire au Crédit Agricole:
Service Relations clientèle
Crédit Agricole SA
12, place des Etats-Unis
92 127 MONTROUGE Cedex
 

 

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