BNP Paribas, la banque d'un "monde qui change"


Troisième banque faisant partie des piliers du microcosme bancaire français que sont les « Trois Vieilles », BNP Paribas partage le podium avec ses consœurs du Crédit Lyonnais (devenu LCL) et de la Société générale. Mais quand bien même ont-elles cela en commun, quand bien même le jeu des fusions et acquisition a eu le loisir de complexifier les groupes, BNP Paribas reste, pour sa part, championne toutes catégories des origines intriquées.

Entre ville lumière et racines étrangères, une genèse complexe

BNP Paribas, sous son jour actuel, est en réalité une des plus jeunes entités bancaires de France. Pour autant, les diverses banques ayant nourri et forgé ce géant financier possèdent des généalogies bien plus anciennes. Le Comptoir national d'escompte de la ville de Paris (CNEP), pôle important de la structure finale, voit par exemple le jour en 1848 à l'issue de la Révolution. Devenant en une dizaine d'années le Comptoir d'escompte de Paris (CEP). Ce dernier met à profit le traité franco-anglais de libre-échange de 1860 ainsi que l'étendue de l'empire britannique pour mettre en place un réseau d'ores et déjà vaste, mais s'occupant en sus d'échanges de marchandises et non uniquement de liquidités.
 
Redresser à la fin des années 1880, le CEP redevient CNEP après certaines spéculations véreuses et avec l'appui de la Banque de Paris et des Pays-Bas. Elle continue dès lors son implantation à l'international aussi bien en Inde qu'aux États-Unis ou bien encore à l'échelle nationale. Devenue la troisième banque de dépôts au sortir des conflits mondiaux, le CNEP – tout comme les banques plus anciennes – connaît une nationalisation forcée.
 
En parallèle de cela, le Comptoir national d'escompte de Mulhouse (CNEM) est créé la même année que son jumeau parisien, et connaît la même évolution vers un CEM en perdant une lettre. Cependant la cession de l'Alsace à l'Allemagne place ce comptoir en porte-à-faux entre une gestion devenue allemande, mais une implantation et des fonds biens français, les capitaux passant ainsi la frontière au détriment de leur pays d'origine. Ce comptoir connaît de ce fait certaines tensions, tiraillé qu'il est entre les deux nations. Une scission entre un CEM allemand et une Banque nationale de crédit (BNC) française survient pour calmer tout cela, pour finalement aboutir à une société pleinement française sous l'étendard de la BNC récupérant tous les actifs existants en 1913. Elle se mue quelque temps plus tard en Banque nationale pour le commerce et l'industrie (BNCI) excentrant la gestion administrative loin des guichets mêmes. Connaissant une forte croissance même en temps de guerre et bénéficiant également des facilités des empires coloniaux, la BNCI n'échappera pas plus à la nationalisation et à un État grand actionnaire.
 
Bien que d'importances, la CNEP et la BNCI ne rivalisent que peu avec l'envergure de leurs camarades de jeu. Raison pour laquelle est décidé en 1966 d'opérer une réunion des deux sous l'appellation de Banque Nationale de Paris, ou BNP, devenant automatiquement première banque de dépôt hexagonale et sixième du globe avec une implantation d'ores et déjà très étendue. Renforçant son emprise américaine, la BNP redevient société privée en 1993, bénéficiant à cette occasion d'un renforcement de sa clientèle. Le groupe s'oriente alors vers une politique de proximité au cœur du pays ainsi que vers une logique de gestion de patrimoine hors des frontières françaises.
 

L'apport néerlandais : une ouverture salutaire

Sur la même période de temps – mais à cheval sur plusieurs nations européenne – L'Union française de banques (UFB) voit le jour en 1950 et chapeaute quasi immédiatement quatre filiales : l'UCB, Cetelem, la CFEC et la Ségécé. Toutes rapidement rassemblées en une holding sobrement intitulée « Compagnie bancaire ».
 
Mais bien avant de devenir le fer de lance de l'actionnariat de la Compagnie bancaire, une certaine Banque de crédit et de dépôt des Pays-Bas connaissait d'ores et déjà des réussites il y a deux siècles de cela. Absorbant la banque Bischoffsheim-Goldschmidt à ses début – en 1863 – tout en restant très proche de la plus récente Banque de Paris d'avec laquelle elle fusionne en 1872, elle devient alors la Banque de Paris et des Pays-Bas (BPPB). Celle la même qui venait au secours du CEP ou CNEP il y a de cela quelques paragraphes. Florissant sur les ruines des dettes de guerre françaises,  le groupe bénéficie dès lors d'une solide implantation à Amsterdam et Paris donc, mais également à Bruxelles, Genève et plus généralement en Asie, Europe et aux États-Unis. Faisant fructifier des emprunts d’États, passant nombre de partenariats internationaux ou entrant au capital d'autres enseignes, celle qui se fait encore communément appeler Banque de Paris participe intensément au premier conflit mondial et en ressortira toujours présente, mais très affaiblie.
 
Ciblant de manière privilégiée les entreprises en sa nature de banque d'affaires, la BPPB profite de ce statut qu'elle endosse pour échapper à la vague de nationalisations, dans le même temps que la réduction de son volume d'affaires – du fait des conflits – lui confère un relatif désintérêt de la part des pouvoirs publics. Après l'absorption dans les années 1960 du Crédit du nord ou encore de la Banque de l'Union parisienne, le groupe se voit cependant tout de même nationalisé brièvement de 1982 à 1987.
 
À l'image de la Compagnie bancaire , Paribas mettait par ailleurs également en place une holding au nom plus conséquent de Compagnie financière de Paris et des Pays-Bas. Se plaçant entre autre sur les secteurs des énergies et des euro-obligations, les deux holdings en viennent à fortement se rapprocher au point que la renommée Compagnie financière Paribas revend la Banque ottomane, le Crédit du nord et ses filiales néerlandaise et belge pour assimiler Cetelem ainsi que la Compagnie bancaire en 1997. Arborant désormais le seul nom de Paribas, les fusions se multiplient, compensant par ce renouveau les rudes périodes d'après-guerres.
 

Naissance d'un géant à la santé de fer

C'est ainsi que seulement deux années après l'apparition du Paribas moderne, il fait l'objet de toutes les convoitises. Notamment celles conjointes de la BNP et de la Société générale s'affrontant pour son acquisition comme son contrôle. La BNP remporte en définitive la bataille et entre 1999 et 2000, leurs noms sont accolés : BNP Paribas voit enfin le jour. Les deux structures étant toutes deux d'un poids certain, une fois réunies, elles se positionnent excellemment bien à tous les niveaux, nationalement comme à l'étranger. Renforçant ses positions aux États-Unis, au Maghreb, mais bien évidemment toujours en Europe dans le même temps, le géant se positionne sur les cinq continents, dans 85 pays et emploi 160.000 collaborateurs dans approximativement 1.700 établissements.
 
Désormais première banque de la zone euro, cette médaille se verra à peine ternie par une crise des subprimes anticipée et durant laquelle le groupe effectuera une ascension vers la place de leader mondial en crédits spécialisés (notamment grâce à Cetelem). Opérant la lourde acquisition de Fortis en Belgique, BNP Paribas Fortis se révèle être un apport conséquent, de même que va l'être l'acquisition de parts majoritaires dans la BGL du Luxembourg ou l'a été le positionnement très solide de la BNL (Banca Nazionale del Lavoro) sur le marché italien. Réduisant plus que d'autres son ratio d'endettement, le groupe se lance en ligne avec Hello Bank! en 2013, cette dernière comptant plus de 800.000 clients dès fin 2014. Finalisant des acquisitions dans l'Est européen et notamment en Pologne et Allemagne, tout semble ainsi être au beau fixe pour une des plus importantes enseignes bancaires mondiales.
 
Pourtant, courant 2014, BNP Paribas entre dans une tourmente à laquelle il avait échappé, passant entre les gouttes de la crise de 2007. Accusé par les États-Unis – représentant une part importante de son chiffre d'affaire – d'avoir outrepassé les embargos établis à l'encontre de Cuba, du Soudan et de l'Iran entre 2002 et 2009, la première économie mondiale fait planer une sanction pouvant se monter jusque dix milliards de dollars et s'accompagnant d'un possible arrêt temporaire des activités de la banque sur le territoire américain. Coup plus que dur pouvant mettre en péril le groupe dans son entier, ce dernier tente de plaider pour une réduction de l'amende, tout comme en faveur de la poursuite de ses transactions outre-atlantique.
 
Cette sanction, d'un sévère inédit, s'explique quant à elle par deux biais : une intransigeance nouvelle et une fin de mandat. Après la débâcle des subprimes et des groupes bancaires s'en sortant sans aucune sanction (affaire HSBC), les magistrats américains ont en effet souhaité établir des exemples et n'hésitent donc plus à hausser les peines sans grande peur de déstabiliser le marché, comme cela avait pu être le cas. D'autant plus lorsque certains arrivent au terme de mandats qu'ils souhaiteraient voir renouvelés. Au bon élève BNP Paribas, dès lors, d'absorber le choc pour éventuellement poursuivre sa success story jusque là sans tache... ou presque.
 
 
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