Le Crédit Mutuel, banque mutualiste avant tout.


Plus tardif que le mouvement mutualiste Français, celui de Rhénanie voit le jour en 1847 selon la vision d'un certain Friedrich Wilhelm Raiffeisen qui, deux ans plus tard, crée la « Société de secours aux agriculteurs impécunieux de Flammersfeld » dans cette ligne de pensée.

Des racines allemande pour une implantation française tardive

Le fonctionnement de cette première structure est au demeurant simple : ses membres apportent une caution de plus grande envergure à plusieurs que seuls, permettant ainsi de contracter des emprunts plus important auprès de banques et de redistribuer au plus nécessiteux du moment la somme voulue. D'où le nom limpide de Crédit mutuel se basant sur une responsabilité commune, des administrateurs bénévoles, une adhésion libre, une zone géographique peu étendue et des crédits disponibles seulement pour les sociétaires. En France, c'est en toute logique au coeur d'une Alsace toujours allemande que le concept passe la « frontière » et atterrit dans l'hexagone en 1882, faisant 17 émules dès la première année dans cette même région et rencontrant des échos rapides en Bretagne. Dix ans plus tard et se sont plus de 100 caisses supplémentaires qui émergent. Une vingtaine d'années supplémentaires et elles passent à plus de 450. Et pourtant, le Crédit mutuel ne sera officiellement Crédit mutuel qu'après le milieu du XXe siècle passé, du moins en terme de légalité francophone.
 

De débuts associatifs et bénévoles à une banque par trop libérale

Sous chaperonnage de l’État à partir de 1958, la Confédération nationale du Crédit mutuel (CNCM) gère en France les diverses caisses présentes sur le territoire, leur conférant un tout nouveau statut légal et associatif. Contrôlant leur bon fonctionnement tout en poursuivant les précédentes politiques de crédit, le groupe devient quarante ans plus tard la quatrième banque de détail et le second bancassureur de l'hexagone. Acquérant par ailleurs des réseaux en Espagne ou en Allemagne, par exemple, son développement européen fluidifie les échanges et en fait un des poids lourds de la zone en terme de bénéfices nets. Ces échanges sont d'ailleurs tellement fluidifiés que le Crédit mutuel revend, en 2015, ses filiales présentes dans des paradis fiscaux tels que la Suisse, le Luxembourg, Monaco et les Bahamas face à des soupçons quant à la facilitation de certaines évasions fiscales.
 
Devant rendre des comptes à ses sociétaires et ainsi à un conseil d'administration et de surveillance, la banque mutualiste a d'ailleurs moins de latitudes et est supposée plus égalitaire et juste que sa comparse commerciale, organisée en société anonyme. Cela étant, le Crédit mutuel n'en a pas pour autant un fonctionnement idyllique du fait notamment de sa forte implantation dans ces mêmes pays à la fiscalité facilitante encore toute récente. Entrant en 1998 au capital du CIC, le nouveau groupe CM-CIC s'offre en outre une force de frappe indéniable avec un double statut de société anonyme et commerciale d'une part et de banque mutualiste d'une autre, chacune pesant lourd dans la balance économique européenne d'abord et mondiale ensuite. La spécificité du Crédit mutuel perdant ainsi de son importance à chacune de ces étapes.


Un fonctionnement toujours mutualiste, mais s'adjoignant une société anonyme

L'organisation du Crédit mutuel ne dépend plus uniquement de caisses locales et proches de ses clients/sociétaires. Opérant aussi à un niveau fédéral – rappelant par là ses origines allemandes –  ces structures bénéficient toutes ou presque du statut d'associations de loi 1901 et gèrent les trésoreries des caisses de moindre envergure. La CNCM, quant à elle, solidarise l'ensemble du réseau et voit son capital détenu par ces mêmes Caisses fédérales. La Banque fédérative du Crédit mutuel (BFCM), enfin, s'occupe de toutes les opérations financières sur les marchés et peut éventuellement re-financer les autres caisses en difficulté. Remplaçant donc les régions par des fédérations, l'organisation globale reste pour autant pyramidale, ressemblant à s'y méprendre à la plupart des groupes bancaires en activité. La BFCM s'occupant également des fusions et acquisitions – en tant qu'organisme le plus influent de la holding – elle a acquis avec le temps le CIC donc, mais aussi Citibank, Cofidis ou le groupe de presse EBRA. La presse étant, précisément, un pôle d'importance du groupe possédant de nombreux quotidiens de l'Est français.
 
Au regard de tout ceci, quelle différence existe encore entre société anonyme et banque mutualiste ? Et bien quasiment aucune, les sociétaires ayant peu de dissemblances d'avec les actionnaires, mais surtout, peu d'influence quant à l'ensemble d'un groupe contournant cet obstacle éventuel. À titre d'exemple, le directeur général du Crédit mutuel a été reconnu comme étant le mieux payé de sa profession pour l'année 2008, jetant le trouble sur le mieux des sociétés mutualistes ou le bien fondé des statuts d'association de loi 1901 en place. En conséquence, la communication du groupe autour de son mutualisme et d'une proximité d'avec le client reste principalement cela : de la communication. Quand bien même l'enseigne se veut être « La banque à qui parler » – de concert avec son service en ligne, Fortuneo – elle a perdu de sa proximité comme de sa transparence ou même de sa simplicité originelles. Aujourd'hui, annonçant s'axer toujours davantage sur la coopération, la solidarité ou le territoire – en Bretagne et en Alsace en premier lieu – le groupe gagne en tous les cas définitivement en importance grâce aux acquisitions du Crédit mutuel Arkéa, entre autres, tout en montrant patte blanche face à l'accentuation de la lutte contre la fraude fiscale. 
 
Infos pratiques :
 
Pour écrire à la banque CIC :
Confédération Nationale du Crédit Mutuel
Service Clientèle
88-90 rue Cardinet
75017 Paris
 
Contacter la médiation de l'assurance :
 
Médiation de l´Assurance, TSA 50110
75441 Paris cedex 09

 

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