Casino, un grand groupe qui ne joue pas qu'avec des jetons !


Une première question vient éventuellement à l'esprit lorsque l'on considère le groupe : pourquoi « Casino » ? Pourquoi choisir ce nom et risquer la confusion avec le jeu de hasard pour une marque se voulant pérenne et rassurante – d'autant plus du côté du portefeuille ? Tout simplement parce qu'en 1892, Geoffroy Guichard donne une nouvelle ampleur à une épicerie située précisément dans un Casino lyrique, cabaret de Saint-Etienne. Le nom resta, à l'image du bâtiment Carrefour, et la saga débuta bon an mal an jusqu'à un succès qui était loin d'être évident.

Du magasin d'alimentation généraliste aux multiples grandes surfaces

Bien avant l'explosion de la grande distribution, le concept prend tout de même racine et se développe timidement. Au début par un second magasin, puis pas la création de la « Société des Magasins du Casino et Établissement économiques d’alimentation », ainsi qu'en prenant le nom moins connu de « Guichard-Perrachon & Cie ». À l'aube du XXe siècle, la marque s'étoffe pourtant rapidement avec déjà cinquante magasins, sans pour autant connaître une croissance exponentielle. Mais un premier entrepôt, une première usine, le lancement d'une marque magasin avant l'heure, la fidélisation de la clientèle et la participation salariales sont autant d'inédits posant très tôt les bases des grands groupes actuels et faisant le succès de ce qui deviendra Casino.
 
Juste avant les deux grandes guerres, l'enseigne fait un bond et atteint les 460 magasins, puis très vite les 1.670. Passant au libre service en 1948 – dix ans avant l'émergence du numéro un européen Carrefour – les rayons frais y apparaissent deux années plus tard et l'on commence ainsi à reconnaître les allures d'un supermarché dit « classique ». Ajoutons à cela le geste pionnier d'apposer des dates limites de consommation – Casino prédatant l'obligation de les faire figurer de 25 ans, celles-ci devenant imposées en 1984 – et se dessine l'image d'une machine à succès.
 
Une année plus tard, en 1960, le premier supermarché « officiel » ouvre ses portes à côté de Grenoble : le concept et le nom viennent en effet tout juste d'être importés d'outre-atlantique, quand bien même les magasins Casinos entretenaient déjà une furieuse ressemblance avec ces « supermarchés ». Encore plus grand et avec un fonctionnement amélioré, la dominante alimentaire demeure et les succursales du groupe s'exportent aux États-Unis, en un juste échange de bons procédés avec la nation à l'origine du gigantisme.
 

De père en fils : le groupe en bref péril

En avance sur son temps sur beaucoup de points, Casino se voit cependant coiffé au poteau par Carrefour en ce qui concerne les hypermarchés. Construisant son premier magasin de ce type sept années après que son concurrent ai innové en 1963, le groupe acquiert cependant diverses autres enseignes en contrepartie et gagne ainsi en poids sur le marché français et, dorénavant, européen.
 
Une poignée de décennies passent et , en 1992, le petit fils Antoine Guichard fait fusionner les intérêts de Casino avec Jean-Charles Naouri et son groupe Rallye. L'idylle semblait assurée, si ce n'est que cinq ans plus tard s'annoncent quelques mois de fortes tensions avec une tentative d'OPA du groupe Promodès, probablement attiré par la nouvelle ampleur de la marque au bonhomme vert. Cette dernière s'en sort de peu et lance la franchise Spar dans le même mouvement. Promodès fusionne par ailleurs deux années après avec Carrefour. C'est dire si nous sommes passés à deux doigts d'un groupe quasi-monopolistique si les dirigeants et employés de Casino n'avaient tenu bon.
 

Un pionnier devenu conquérant

Si l'enseigne débutait en créant de nombreuses avancées inédites en France tels que les primes, les intéressements ou le libre service – misant principalement sur une offre conséquente de magasin (plus de 1.000 points de vente dès 1930) – il devient dorénavant prédateur. Au tournant du millénaire, Casino rachète une grande part de Monoprix, et l'intégralité de Franprix, Leader Price et Cdiscount. L'année suivante, il crée sa propre banque ainsi qu'une foncière (société de gestion d'un patrimoine immobilier, ndlr) regroupant les divers magasins, galeries marchandes et cafétérias du groupe.
 
Rendu en 2005, Casino renforce son implantation à l'étranger sous la nouvelle direction d'un Jean-Charles Naouri maintenant PDG. Vietnam, Thaïlande, Colombie ou encore Brésil sont autant de nouvelles priorités pour atteindre une implantation finale dans 17 nations, allant jusqu'à racheter certains magasins dont sa Némésis, Carrefour, se sépare. L'année 2012 marque quant à elle l'acquisition des parts manquantes de Monoprix, période également un bond notable au Brésil, au cœur duquel l'enseigne devient numéro un de l'électronique via un actionnariat judicieux. Enfin, en 2014, Casino et Intermarché annoncent un regroupement des achats effectués, offrant à cet accord le leadership des acheteurs français.
 
Bien que restant dans l'ombre du numéro un européen qu'est Carrefour, Casino tire en définitive tout de même son épingle du jeu, et de belle manière. Plus ancien et fort de l'aura de prestige de l'innovation, le groupe ne se place à terme pas extrêmement haut au niveau mondial ; mais entretient  tout de même des premières places dans plusieurs pays d'Amérique Latine, au Brésil et en Colombie, ainsi qu'une seconde place en Thaïlande.
 
Fort de quelques 14.000 points de ventes dont 9450 en France, d'un chiffre d'affaire de 48.6 milliards d'euros – et « seulement » 40 % de celui-ci dans l'hexagone – pour quelques 330.000 collaborateurs, le groupe mise désormais sur l'urbain comme le rural avec Spar, Vival ou encore Casino Shop. Mais c'est également le bio qui prime grâce à Naturalia, tout comme une capitalisation sur un placement extrêmement bon sur le discount ou l'électroménager. Plus qu'en bonne forme, toujours en progrès et très présent sur les marchés émergents, il reste cependant au Casino d'antan à renouer avec l'innovation et un esprit pionnier, quelque peu endormi depuis la disparition de son fondateur.
 
Infos pratiques :
 
Banque du groupe : https://www.banque-casino.fr/
 
ou écrire à :
 
Distribution Casino France
1 Esplanade de France
42008 St Etienne Cedex 2 
 
 
Contacter les associations de consommateurs : http://www.quechoisir.org/app/un-litige/dpt.php
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